Vidéo : changer de perspective : pourquoi ? comment ?

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Si Rory Sutherland est d’abord un marketeur, il est aussi un fin analyste de la psychologie humaine. Il présente ici, avec de nombreux exemples concrets, une idée capitale et utile dans la vie de tous les jours : le recadrage ou changement de perspective.

Cet article participe à l’événement Vidéo Inspirante, à l’initiative de Cédric VIMEUX du blog Virtuose Marketing.

J’ai beaucoup aimé cette vidéo TED avec beaucoup d’exemples concrets qui font réfléchir à la différence entre la réalité et la perception que l’on en a, et comment recadrer notre point de vue peut aussi nous aider à nous sentir mieux (ou moins bien !).

Rory Sutherland parle beaucoup d’économie dans cette vidéo :

Et je crois que l’un des problèmes de l’économie classique est qu’elle ne se préoccupe que de la réalité. Or, la réalité n’est pas vraiment un bon guide pour atteindre le bonheur humain.

On donne plus facilement la priorité, à tord, à ce que j’appelle les idées mécaniques plutôt qu’aux idées psychologiques.

J’aime particulièrement cette idée d’utiliser les connaissances en psychologie pour mieux résoudre les problèmes économiques…

Cependant,  je vais m’attarder ici sur l’aspect global et plus général du recadrage, ou tout du moins sur un point de vue développement personnel et bonheur.

Recadrage et bonheur

Qu’est-ce qui distingue les optimistes et les gens positifs des personnes négatives et pessimistes ?

On ne le dit pas souvent de cette façon, mais la seule grosse différence entre ces personnes, c’est justement leur façon de recadrer les choses :

Les gens positifs ainsi recadrent les chosent positivement (consciemment ou pas). Les pessimistes les recadrent négativement (et pratiquement toujours inconsciemment, par automatisme).

C’est un peu ce qui est dit dans la vidéo avec l’exemple de la cigarette :

Le pouvoir de recadrer les choses ne ne saurait être trop souligné. C’est exactement la même chose, la même activité, mais l’une d’elles nous fait nous sentir bien et l’autre, avec un léger changement de posture, nous fait nous sentir très mal.

Si vous avez tendance à voir la vie en noir (ou gris), posez-vous la question : est-ce que ça ne pourrait pas venir en partie d’une tendance inconsciente à recadrer les choses négativement ?

Perception et réalité

Cette idée de recadrage est bien sûr directement liée à l’idée de réalité et de la perception que l’on en a. On utilise souvent l’image (issue du monde de la PNL) de la carte et du  territoire.

La carte, c’est notre perception et comment on la décrit (avec plusieurs échelles ou types d’informations possibles). Le territoire c’est la réalité qu’on ne peut jamais vraiment décrire à 100%, ou qu’on ne peut jamais voir de façon 100% objective.

Nous pouvons donc nommer ou renommer les choses différemment, selon la perspective que l’on a :

Mais en fait le pouvoir de renommer les choses, de comprendre qu’en fait nos expériences, nos coûts, nos choses ne dépendent pas tellement de ce qu’ils sont vraiment, mais de comment on les perçoit, on ne saurait trop souligner ce pouvoir,  je pense.

Dans la citation ci-dessus, Rory Sutherland utilise un mot particulier : il parle de pouvoir. Nous avons effectivement le pouvoir de voir les choses différemment, nous avons le pouvoir de recadrer notre perception des événements.

Nous pouvons décider de nous lamenter par exemple sur la « crise » qu’ « on » subit en ce moment (il faut aussi au passage se poser la question : qui est ce « on » ? est-ce que la crise affecte réellement votre vie à vous actuellement ? à quel point ?), ou regarder les choses différemment.

Voici un raisonnement que l’on peut utiliser pour commencer à recadrer :

« La crise est une chose sur laquelle on n’a, à notre niveau, aucune façon de changer ou de modifier. A partir de là, se lamenter à propos de la crise est complètement inutile. Il vaut mieux se focaliser sur le présent, et sur les choses que l’on peut améliorer pour soi-même (ou ses proches) en passant à l’action. »

On peut tenir le même raisonnement avec toutes les choses qui ne sont pas sous notre contrôle : on change de perspective, de perception, mais la réalité ne change pas : la crise est toujours là, mais on se dit : « et alors ? » ou même on peut se sortir du marasme et en faire une « raison de plus pour se bouger », pour améliorer sa situation.

Recadrer dans ce cens, c’est non seulement très libérateur (par le fait d’accepter de « laisser couler » ce qu’on ne peut de toute façon pas contrôler) mais ça peut aussi être très motivant (par le challenge personnel que la situation « difficile » nous offre).

Deux raisons déjà de recadrer positivement !

Contrôle de nos vies et bonheur

Ce qui est vrai pour l’économie l’est donc pour toutes les circonstances extérieures :

Les circonstances de nos vies importeraient donc moins à notre bonheur que le sentiment de contrôle qu’on ressent sur nos vies.

Et pour augmenter le contrôle (ou le sentiment de contrôle) que l’on ressent sur notre vie, c’est exactement la même chose.

Si on se concentre sur le mauvais temps ou sur la crise, non seulement n’améliore pas la situation mais on amplifie l’impression qu’on n’a pas de contrôle sur sa vie, puisqu’on se focalise sur quelque chose qu’on ne peut pas changer.

Reprendre du contrôle sur sa vie, c’est donc se focaliser en priorité sur ce que l’on peut faire pour avancer ou améliorer sa situation (et celle de ses proches). Et c’est la troisième raison de recadrer positivement.

Pour récapituler : dans l’exemple de la crise, recadrer positivement peut permettre de :

  1. se libérer de ce qu’on ne peut pas contrôler : on lâche prise
  2. se motiver pour faire face
  3. reprendre du contrôle sur sa vie

Toutes ces choses ont évidemment un impact fort sur votre bien-être et votre bonheur…

Changer de réalité ou changer de perception ?

Si on peut changer de perception, on peut aussi parfois changer de situation (de réalité donc). C’est donc une question qui mérite d’être posée…

On peut en fait parfois changer les deux, mais il faut noter que changer de perception, est quand même souvent plus facile (car c’est un processus mental, donc interne à 100%). Et cela aide souvent à mieux changer la situation (externe) ensuite – lorsque c’est possible – car on a une nouvelle perspective qui nous donne souvent plus de recul.

Mais il y a aussi des situations ou changer de perception suffit entièrement, et à ce sujet, j’aime particulièrement cette citation :

Si notre perception est bien pire que notre réalité, pourquoi diable essayons-nous de changer la réalité ? C’est comme essayer d’améliorer la qualité de la cuisine dans un restaurant qui pue.

Dans le pays le plus pessimiste du monde (la France), et pourtant un des plus confortables où vivre (même s’il y a effectivement des situations particulières très difficiles), cela vaut en tout cas le coup de se poser la question…

Comment faire pour améliorer sa perception d’une situation ?

Quelle que soit la situation, ou la réalité, on peut de toute façon rendre sa perception plus positive (et donc améliorer son bonheur). Il suffit pour cela de se poser ce type de questions à chaque fois qu’un événement contraignant se produit :

  • Qu’est ce qu’il y a de positif dans cette situation, dans cet événement ?
  • Qu’est-ce qui va en ressortir de meilleur ?
  • qu’est ce que je peux en retirer de positif ?

Connaissez-vous ou utilisez-vous d’autres questions puissantes pour changer de perspective positivement ?

Laissez-les en commentaires !

 

 

 

A lire également :

  • Thomas

    , le 12 août 2012 à 17 h 24 min

    Merci pour votre article, je suis en pleine transition, et c’est le genre de discours que j’ai besoin d’entendre !
    Il a raison, si on ne peu pas controler un évenement, et bien on ne peu rien y faire, donc il faut faire avec !
    Ca me rappelle un dicton tibétain,
    si il y a une solution à un problème, c’est qu’il n’y a pas de problème.
    Si il n’y a pas de solution à un problème, on ne peut rien y faire !
    En fait je crois que c’est :
    S’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème !

    Comme quoi le cerveau à tendance à déformer les propos…

    • Benoît

      , le 27 août 2012 à 15 h 42 min

      Merci à toi Thomas pour le commentaire.
      Si cela aide, alors tant mieux, car c’est le but :) .

      Et merci pour le rappel de ce dicton plein de bon sens !
      Benoît

  • Luc mister-no-stress

    , le 28 août 2012 à 11 h 06 min

    Bonjour Benoît,

    Et merci de cette vidéo super éclairante !
    Notamment que le package est aussi important que le contenu !
    Et c’est vrai pour les blog aussi !
    Prends soin de toi et à bientôt.
    Luc mister-no-stress
    Lisez mon dernier article : En finir avec le stress en 21 jours de sophrologie : Jour 18 : Enracinement (Audio)

    • Benoît

      , le 28 août 2012 à 12 h 20 min

      Bonjour Luc,
      Bienvenue ici et merci pour ton commentaire !
      Tu as certainement raison, dans le blogging (et sur internet en général) le packaging (et principalement l’aspect visuel) ne peut plus être négligé.
      A bientôt !
      Benoît

  • Ferrand Dany

    , le 28 février 2013 à 9 h 25 min

    Bonjour Benoit,
    je ne suis absolument pas convaincue par la vidéo, que je trouve à peine désopilante…
    Faire passer un message, peut se révéler compliqué, surtout quand l’animateur à décidé de faire son show comme on vend de la lessive…
    De plus, est ce une technique de marketing, de parler comme on prend le train, à vitesse grand V…???
    Peut être que les gens ont moins le temps de réfléchir en écoutant son discours? En tout cas, pour moi c’est raté, c’était limite de prendre mes jambes à mon cou, et de partir sans me retourner. Désolée Benoit.

    • Benoît

      , le 28 février 2013 à 11 h 38 min

      Bonjour Dany et bienvenue sur le blog.

      Il ne faut pas être désolée pour avoir un avis critique ou différent !

      Je ne pense pas que le fait de parler vite soit fait pour que les gens aient moins de temps pour réfléchir. Les gens qui assistent aux conférences TED sont des gens plutôt brillants et ceux qui y donnent des conférences ont fait leurs preuves dans leur domaine, et s’adaptent à leur public et au thème du rassemblement.

      Le fait que cela aille vite c’est peut-être aussi lié au fait que les sous-titres ne sont pas toujours bien réglés. Et l’humour est quelque chose qui peut être très lié à la culturel et n’est pas toujours quelque chose de facile à traduire.

      Cependant j’aurais quand même préféré avoir votre avis sur le fond de la vidéo (ou même sur l’article où je ne reprends que l’idée de changer de perspective), c’est quand même ça le plus important ici, non ?

      Quelle autre perspective pourriez-vous avoir sur cette vidéo justement pour en retirer quelque chose d’utile ? :)

      Benoît

    • Ferrand Dany

      , le 1 mars 2013 à 11 h 03 min

      Bonjour Benoit,
      oui, effectivement, c’est là, la question.
      En changeant de perspective, sur cette vidéo, j’en ai retenu l’essentiel, à savoir changer la perception que l’on a des choses, sans changer la réalité puisque celle ci est.
      Mais bon, j’avais saisi cela hier déjà.
      Disons que comme tu le dis, ces professionnels sont plutôt aguerris à leur discours, je pense simplement que ma sensibilité n’a pas été touchée par ce type de performance…
      En fait, j’ai trouvé ça très « show à l’américaine »…
      Sans jugement de valeur , bien sûr…
      bon, l’idée principale étant comprise, je te souhaite de bons articles à venir, je m’en vais parcourir avec plaisir , un peu ton blog…!!!
      A bientôt
      Dany

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